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Née en 1992 à Paris, Lise Thiollier est une artiste franco-chilienne.
Elle est sculptrice et travaille principalement la céramique. Elle a étudié l’anthropologie au Royaume-Uni et a obtenu une maîtrise en anthropologie de la SOAS (School of Oriental and African Studies, Londres, 2016). Elle est membre et résidente du collectif W Pantin à Pantin depuis 2022.
En septembre 2022 elle réalise une résidence dans le désert d’Atacama dans le nord du Chili (ISLA), afin de travailler sur la question du sel et des cristaux de lithium. À partir de l’observation du sel et de l’écoute du phénomène de cristallisation, l’immersion de l’artiste dans une zone d’extraction de cet ‘or blanc’ met en lumière les dillemes éthiques et écologiques liés à l’exploitation des ressources naturelles.
Elle présente une pièce de ce projet Métamorphoses de sel, lors de la Triennale de Dunkerque Chaleur Humaine (consciences énergétiques) et réalise par la suite une résidence à L’Antre Peaux pour concevoir une sculpture habitacle, Les nids qui s’inscrit dans ses recherches et réflexions. En juin 2024 elle présente plusieurs premières pistes de ses recherches dans une exposition au pole de la porcelaine de Mehun-sur-Yèvre (Cher), pour la manifestation Bourges contemporain (Antre Peaux).
En 2024, elle reçoit la bourse FoRTE (de la région Île de France) pour présenter la totalité de ce projet lors d’une première exposition personnelle en Janvier 2025 accompagnée par la commissaire Alexia Pierre à la Galerie de Noisy-le-Sec. Son travail a été montré dans plusieurs expositions collectives (notamment chez Andréhn-Schiptjenko et au FRAC Grand Large).
La formation d’anthropologue de Lise Thiollier alimente son inspiration et lui fait chercher à établir des relations entre formes, images et langages pour en extraire de nouveaux récits.
Ses sculptures en grès ou en plâtre à l’aspect minéralisé et fossilisé évoquent une nature en perpétuelle transformation, chaque mutation, chaque changement d’état recélant à la fois un danger et une échappée vers un ailleurs imaginaire peut-être protecteur. Ses formes hybrides, en mouvement, célèbrent le déploiement interne des forces vitales à l’œuvre dans le processus de métamorphose du vivant. Le corps humain, l’organique, le végétal se fondent pour donner naissance à un monde onirique mystérieux aux temporalités multiples. À travers ses oeuvres, elle fusionne le passé et le futur, dans une réflexion sur les mutations naturelles liées aux questions énergétiques et environnementales.
Souvent présentées en installation et parfois évolutives, ses pièces, ou empreintes, sont lourdes de toute une charge mémorielle, elles ouvrent aussi des perspectives sur un monde en devenir.